Festival Aurillac 2006 : Que la créativité soit !

Publié le par Gus

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Usine à rêve et laboratoire de formes d’expressions suggestives, le festival de Théâtre de rue d’Aurillac se présente cette année encore comme une pépinière d’artistes et de spectacles pour beaucoup originaux et inattendus
   
  
   Tel « l’origastelet » de Justin Lenoir, spectacle mélangeant l’origami  (cette discipline traditionnelle Japonaise consiste à faire de la sculpture sur papier en pliant et sans jamais couper), l’humour et la poésie, entre autres celle de Walt Whitman avec un texte d’exception sur la jeunesse d’esprit …
 
Le chanteur Fred. R. rencontre à Aurillac une énergie et une inspiration qu’il ne trouve nulle part ailleurs … Son spectacle se construit sur un personnage débonnaire distillant une chanson française festive sur fond de projections de diapositives humoristiques et parfois tendres … Fred R. alterne les reprises et les compos avec la belle présence d’un musicien fait pour le live avec sa guitare améliorée (2 cordes ajoutées pour les lignes de guitare basse)… Fred. R. s’est vu annoncé par quelques auditeurs devenus inconditionnels, l’ouverture prochaine d’un site Internet de ses Fans : http://fanclub-fredr.over-blog.com .
 
Venu du Québec proposer un spectacle également très original et inspiré du vaudeville, Idado (http://web.mac.com/idado), dégingandé au grand cœur a fait la joie des festivaliers et tous affichaient des sourires d’enfants… 
 
Comme chaque année, le magique jardin des Carmes, accueillait de nombreux jongleurs amateurs et professionnels venant s’entraîner durant la journée, mais aussi une dizaine de spectacles… Ainsi en entrant dans le jardin, personne ne put manquer un piano à queue, le « piano voyageur » (www.pianovoyageur.com ) de Jérôme Medeville, ancien pilote de l’armée de l’air qui a franchi le pas d’oser vivre de sa passion. Il s’agit aussi d’un lieu d’échange puisque Jérôme invite volontiers au clavier tous les pianistes amateurs et professionnels de passage … De longs et beaux échanges musicaux qui inspirèrent tout à côté Eglantine, passionnée qui pratiquait pour la première fois des massages sur un festival … 
 
Des deux chapiteaux du jardin des Carmes à ceux de Marmiers, ce fut l’occasion lors d’une journée de gros temps, d’aller découvrir le spectacle des « Arrosés » (www.lesarroses.com), « le cabaret cirque », un spectacle riche, léger et génial, magnifiquement nourrit de l’énergie subtile des Arrosés et mis en scène avec talent par Christine Rossignol et Michel Dallaire ! De nombreuses autres représentations furent annulées pour cause de pluie, comme celle du rendez-vous quotidien de Slam (poésie) (www.slameur.com). Ouvert à tous sur un principe simple : un poème de trois minutes maximum, ces tables rondes de la poésie inspirées d’une mode venue d’outre atlantique, furent l’occasion de réaffirmer une poésie vivante. Occasion également pour créer des rencontres entre des poètes-slameurs confirmés de l’association Parisienne organisatrice de ce Slam, et des jeunes qui tentaient une première expérience de lecture publique.
 
Nouveau laboratoire et pépinière de spectacles également destinés aux artistes en devenir, la F.A.I.A.R, Formation Avancée et Itinérante des Arts de la Rue (http://www.faiar.org ), parait être un projet ambitieux et pertinent mené par le créateur du festival d’Aurillac, Michel Crespin. La F.A.I.A.R. devient de fait la première formation supérieure de ce type,  itinérante en Europe avec des stages destinés aux artistes professionnels ou en devenir.
 
Aurillac autoproclamée, Capitale intergalactique de l’été sans télé, (http://www.ville-aurillac.fr/10medias/rubrique10.php?page=ai.htm   ou http://actumonde-aurillac.over-blog.com/article-3130564.html ) fut aussi un lieu privilégié de dialogue avec plusieurs associations engagées. En l’occurrence, « Trop c’est trop » (www.tropctrop.fr) présente sur plusieurs festivals français cet été, pour dénoncer les conditions de détentions dans les prisons de notre pays, ou encore H.A.L.E.M association des Habitants de Logements Ephémères ou Mobiles (pour une reconnaissance en tant que logement à part entière) (http://www.halemfrance.org). Egalement présents avec ce slogan polémique sur les expulsions d’étrangers en cours: « La France invente l’être humain jetable », R.E.S.F. (Réseau éducation sans frontière) soutenu par un collectif associatif.
 
Du côté des spectacles fortement engagés, trônait Embedded de Tim Robbins par Georges Bigot et le petit Théâtre de pain (lptdp@wanadoo.fr). Le spectacle retrace l’histoire de journalistes «embarqués» au sein de l’armée US en 2OO3 et met en évidence la complicité des grands médias muselés par le complexe politico-militaro-industriel ainsi que les dangers pour les libertés individuelles du «Patriot Act». En corollaire de la pièce, l’édition d’un pamphlet au contenu très critique, avec par exemple l’article «Médias en crise» faisant référence à Mr Le Lay (temps de cerveau humain disponible) et à l’action du groupe Dassault sur la liberté éditoriale de l’Express et du Figaro, ou encore avec cet autre article reprenant des extraits du livre « Irak, histoire d’un désastre » avec cette enquête édifiante qui montre que 60% des américains et 80% de ceux qui regardent Fox News, croyaient au moins une de ces 3 contrevérités : -1) on a découvert des armes de destruction massive en Irak. -2) Il existe des preuves d’une alliance entre l’Irak et Al-Qaida. -3) L’opinion publique mondiale soutient l’intervention militaire américaine... 
 
Engagé enfin, le combat des intermittents qui continue à Aurillac comme dans de nombreux festivals tels Avignon cette année, où Nicolas Lambert, auteur et interprète du très réussi « Elf La pompe à fric », affirmait que le nouveau ministre de la culture n’avait pas fait avancer le dossier épineux du statut des intermittents contrairement aux engagements pris.
 
Comme pour le festival d’Avignon, Aurillac distingue les spectacles du « Off », de ceux du « In », disposant souvent de moyens matériels plus importants et subventionnés par le festival. Une quinzaine de compagnies se voient rémunérées mais l’on peut s’interroger sur une certaine tendance à une débauche de moyens matériels spectaculaires au détriment de la propension à faire rêver, comme avec les Bandidos Theater et leur spectacle fait de pyrotechnie à bord d’un camion de pompier.
Par contre « Toro », de la compagnie Oposito (www. lefourneau.com/oposito), fut une réussite certaine avec un spectacle déambulatoire séduisant pour le grand public, à l’identité artistique forte et pertinente.
 
La richesse du festival vient en grande partie de la diversité et de la qualité des artistes du off qui s’autofinancent totalement. Ce fondement est relativement fragile car basé sur le volontariat des artistes, c’est pourquoi devant le nombre débordant de spectacle en concurrence, certains d’entre eux souhaitent l’ouverture de nouveaux lieux aux spectacles de rue. Des propositions, comme celles d’un concours de spectacle de rue, ou encore celle de faciliter matériellement l’accueil des artistes durant ces quatre jours visent à valoriser la présence des artistes de rue durant ces quatre jours… Quatre jours où « la capitale de l’été sans télé », vis à quatre cent à l’heure en triplant sa population pour un public en majorité jeune, venu retrouver une ambiance unique tel celle des festivals hippies d’antan …  Un public qui repart enthousiaste avec déjà en tête l’envie d’être présent pour la vingt-deuxième édition du festival de Théâtre de rue.
 

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